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Par DR A.Balzer L'épilepsie est un syndrome cortical caractérisé par des crises nerveuses, soudaines, brèves et à tendances répétitives, survenant chez un animal n'ayant aucune lésion intra-crânienne évolutive ou extra-crânienne. L'épilepsie est le plus souvent caractérisée par la survenue de crises tonico-cloniques (ie, les muscles sont tendus et ont des mouvements spastiques) avec pertes de conscience et chute au sol survenant éventuellement après une phase prémonitoire chez un animal en bon état général. On parle alors d'épilepsie essentielle. Il faut ainsi ne pas confondre épilepsie essentielle et syndrome convulsif où l'on peut trouver des lésions évolutives (cicatrices sur le cortex, fibrose, nécrose neuronale, séquelle de maladie de carré…) ou évolutives (tumeurs cérébrales…) L'épilepsie essentielle est donc un cas particulier du syndrome convulsif (il faut retenir qu'en cas d'épilepsie vraie, il n'y a pas de lésions). L'épilepsie touche environ 1% des chiens, très rarement les chats. Cette maladie est grave car elle ne se guérit pas, le traitement est à vie. Un animal épileptique possède un seuil d'excitabilité ou seuil épileptogène qui est beaucoup plus élevé chez lui que chez les animaux sains. Lors d'un stress intense, les neurones concernés du cortex sont tellement stimulés que la décharge électrique émise se propage à l'ensemble du cortex : c'est l'induction de la crise. Dans le cas de l'épilepsie essentielle, il existe une zone du cortex où les neurones sont plus excitables (leur seuil est donc abaissé) et dans le cas de l'épilepsie secondaire, certains neurones, alors modifiés, ont un seuil d'excitabilité abaissé.
En fonction de la clinique du patient, on distingue trois types d'épilepsie : * l'épilepsie généralisée : perte de conscience, chute au sol, convulsions, atteinte bilatérale et symétrique. * l'épilepsie partielle ou focale : brusquement le comportement de l'animal change, les actions sont stéréotypées (comme par exemple un animal qui va gober des mouches inexistantes alors qu'il mangeait tranquillement), c'est la crise psychomotrice. * l'épilepsie partielle évolutive : il s'agit de l'évolution de la précédente en épilepsie généralisée. L'épilepsie peut être essentielle ou idiopathique (ie, sans support lésionnel) ou secondaire, suite à une maladie par exemple.
§ La période d'aura : c'est la période pendant laquelle l'animal peut sentir venir la crise. Les signes sont de l'inquiétude (plus ou moins ressentie par le propriétaire), un comportement de fuite car il ne supporte plus les autres, il s'isole… C'est une phase prémonitoire qui dure quelques minutes seulement. § La période tonique : il y a perte de conscience, l'animal tombe sur le côté, se raidit (opisthotonos, parfois arrêt respiratoire, cyanose possible, yeux révulsés vers l'arrière, le chien peut se mordre la langue…), il y a souvent tétanie complète. Elle dure quelques minutes, de une à trois en moyenne. § La période clonique : il y a succession de contractions et de décontractions avec des mouvements de la mâchoire, des yeux de la langue avec parfois du pédalage et des émissions d'urines. Cette période dure également de une à trois minutes en moyenne. § La période d'accalmie : c'est la reprise de conscience. L'animal récupère doucement : amaurose, ataxie, appétit féroce, polydipsie… Cette phase peut durer de quelques heures à plusieurs jours. L'évolution de ce genre d'épilepsie est assez sombre. La guérison est exceptionnelle. En général, le nombre de crises augmente au fur et à mesure et la durée entre les crises diminue.
§ Les crises motrices : apparition de mouvements stéréotypés (comme un chien qui mange puis se grignote la patte d'un seul coup) § Les crises psychiques : comme gober des mouches § Les crises psychomotrices : perception d'une chose puis comportement associé
Ce phénomène correspond à l'évolution de l'épilepsie partielle en épilepsie généralisée.
Lors d'épilepsie essentielle, il n'y a aucun support lésionnel. L'hérédité est prouvée dans certaines races comme le berger belge, le berger allemand, le beagle et le golden retriever. Elle est probable dans d'autres races comme le caniche, le setter ou le fox. Il ne semble pas qu'il y ait des données précises pour le shar-pei. En toute état de cause, cette pathologie ne semble pas importante dans cette race. L'age de la première crise apparaît entre six mois et cinq ans avec un pic entre un et trois ans. En dehors de cet intervalle, l'épilepsie essentielle est peu probable. Les mâles sont trois fois plus touchés que les femelles. Lors d'épilepsie secondaire, on constate la présence de lésions intra-craniennes corticales non évolutives qui sont la conséquence d'affections ayant laissé comme séquelles un foyer épileptogène. Les facteurs favorisants pour l'apparition des symptômes de l'épilepsie sont des facteurs qui peuvent déclencher une crise. Ces facteurs sont toutes les stimulations désagréables pour l'animal, il faut les diminuer au maximum: § Le parasitisme externe et interne § Les otites § L'engorgement des glandes annales § Toutes les maladies intercurrentes § Le stress Elle est souvent sombre. Elle se fait toujours vers l'aggravation par recrutement d'autres foyers épileptogènes par extension locale ou bien par foyer miroir (foyer symétrique dans l'autre hémicortex). [On ne sait pas encore pourquoi, des études sont en cours chez l'homme et chez le chien] Il est possible de contrôler les crises : 60 à 80% des épileptiques peuvent être contrôlés. Cependant, avant toute chose il faut éviter les facteurs favorisants. Ensuite, un traitement à vie peut être mis en place grâce au phénobarbital [Gardenal nd ]. Le traitement, lors de sa mise en place nécessite un suivi attentif avec des contrôles sanguins réguliers.
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