La mucinose

 

Par DR A.Balzer

La mucinose est une accumulation de mucine, c'est-à-dire de polysaccharides, dans le derme. On parle souvent de mucinose idiopathiques du Shar-pei, du fait de l'ignorance de l'étiologie exacte de cette affection. Parmi les nombreuses dermatoses du Shar-pei, celle-ci n'est rapportée que dans cette race canine.


     

    Circonstances d'apparition.

    Clinique.

    Pathogénie.

    Epidémiologie.

    Diagnostic.

    Traitement.

    Contrôle.

    Bibliographie.

     

    Circonstances d'apparition

    C'est une affection rare qui apparaît principalement sur de jeunes Shar-pei, de moins d'un an, qui se caractérise par un nombre anormalement important de plis, notamment au niveau des membres et de la face [PRELAUD, 1993].

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    Clinique

    La mucinose peut se révéler cliniquement par des lésions macroscopiquement visibles, diffuses sur tout le corps de l'animal (mucinose généralisée) ou localisées à certaines régions (mucinose focale) ou encore ne pas s'exprimer cliniquement [SELTENSPERGER, 1995]. La peau apparaît généralement boursouflée et épaissie particulièrement sur la face, le cou et les lombes [SCOTT, 2001].

    La peau, dans les cas extrêmes, semble oedématiée avec un toucher particulièrement désagréable. Le prurit est variable mais le plus souvent absent. On peut parfois observer des vésicules qui libèrent un liquide clair et visqueux [PRELAUD, 1993], [SCOTT, 2001]. Il peut aussi arriver qu'il y ait de véritables déformations des membres [SCOTT, 2001].

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    Pathogénie

    La mucinose du Shar-pei est une mucinose primaire ou secondaire, diffuse ou focale. Cependant les mucinose focales sont extrêmement rares chez le chien [SCOTT, 2001]. Cette affection est imputable à l'accumulation de glycosaminoglycannes acides dans le derme. Ceux-ci sont des macromolécules mucopolysacharidiques complexes. Ce sont des constituants normaux de la substance fondamentale du tissu conjonctif. La surcharge mucineuse existe ainsi chez tous les Shar-pei. On trouve pour les chiens atteints une synthèse anormalement élevée en ces composants. Une réversibilité partielle est possible et explique la diminution des symptômes après deux ans par maturation progressive des fibroblastes [SELTENSPERGER, 1995].

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    Epidémiologie

    Il a été montré qu'au sein d'une clinique vétérinaire standard, environ 5% des Shar–pei sont atteints de mucinose. Dans des structures plus spécialisées, ce genre de consultation est environ de 12 % [SCOTT, 2001].

    L'étude du docteur SELTENSPERGER montre qu'il existe chez tous les Shar-pei une surcharge mucineuse. Celle-ci est identique quelque soit l'âge, le sexe ou la présence d'une éventuelle pathologie associée. Elle ne s'exprime que très rarement macroscopiquement, mais dans ces cas, on parle alors de « mucinose ». L'expression clinique de cette maladie concerne la plupart du temps des chiens jeunes, de moins d'un an et demi. Les deux sexes sont atteints.

    Il semble apparaître dans certaines études que des problèmes hormonaux sous-jacents peuvent favoriser l'apparition de la maladie.

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    Diagnostic

    Diagnostic différentiel  : il faut distinguer différentes affections qui peuvent entraîner des signes cliniques similaires : la démodécie, l'hypothyroïdie, l'atopie et la folliculite bactérienne [PRELAUD, 1993].

    Le diagnostic de certitude est établit par une biopsie puis une analyse histologique.

    Dans la plupart des cas, la mucinose est associée à d'autres troubles comme l'atopie, l'hypersensibilité alimentaire, l'hypothyroïdie [SCOTT, 2001]. Il est donc primordial de bien connaître le statut allergologique de l'animal et d'avoir exclu toute hypersensibilité alimentaire par un régime hypoallergénique. Le dosage des hormones thyroïdiennes peut aussi apporter quelques éléments de réponse.

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    Traitement

    Certains animaux dégonflent spontanément à l'âge adulte c'est-à-dire après un an et demi à deux ans. Il faut éviter l'emploi de trop nombreux topiques entraînant une hypersensibilisation de la peau et donc une mucinose par réaction.

    Dans de nombreux cas, ces chiens répondent très bien à une corticothérapie [PRELAUD, 1993]. On a alors rapidement une très bonne amélioration de l'état général.

    D'autres molécules peuvent aussi être employées, avec cependant de nombreuses réserves. Des tests ont montré la possibilité d'employer une molécule humaine, la pentoxifylline. Ce traitement ne serait possible que sur des cas répondant aux corticoïdes [SCOTT, 2001].

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    Contrôle

    Il faut être persévérant et ne pas promettre une guérison rapide. Les rechutes sont souvent problématiques [PRELAUD, 1993].

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    Bibliographie :

    PRELAUD P. – Mucinose cutanée sévère chez un Shar-pei – L'action vétérinaire , 1993, 1239, 7-8

    SELTENSPERGER T. – La mucinose du Shar-pei : étude histologique, histochimique, ultrastructurale – thèse vétérinaire, 1995, toulouse, 47p

    SCOTT D., MILLER W., GRIFFIN C. – Small animal dermatology – 2001, Ed. W.B. Saunders compahy, 6 th Ed., 1523p

    PRELAUD P. – La dermatologie du Shar-pei – L'action vétérinaire, 1990, 1141, 3-6

     

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